Anas Albraehe: "Mother Earth"
Il y a ce besoin de partir.
Non pas pour fuir, mais pour se décaler.
Changer d’axe, de lumière, de souffle.
Quitter ce que l’on connaît trop bien pour mieux le ressentir de loin.
Voyager, c’est devenir plus vulnérable.
C’est se laisser traverser, sans certitude, sans point fixe.
Dans l’éloignement, les souvenirs se précisent, les émotions se réactivent.
Ce qui était flou devient palpable.
Ce qui était présent devient mémoire.
Certains lieux réveillent une tendresse ancienne,
un écho d’amour, un parfum d’absence.
D’autres nous propulsent dans un avenir rêvé,
où tout semble encore possible, mouvant, ouvert.
Entre ces deux élans la nostalgie et le rêve,
les œuvres de cette exposition tracent un chemin.
Un chemin intérieur, intime,
où chaque image devient un seuil entre ce qui fut et ce qui appelle.
Ce n’est pas une géographie qu’on parcourt ici,
mais une cartographie de l’âme,
faite de départs discrets, de silences habités,
et de regards qui cherchent un ailleurs peut-être pour mieux revenir.
There is this need to depart.
Not to escape, but to shift inwardly.
To change one’s gaze, one’s light, one’s rhythm.
To move away from what is too familiar, in order to better grasp its essence, from a distance.
To travel is to become more permeable.
It is to accept the loss of bearings, to allow oneself to be moved.
With distance, contours become sharper: memories take shape, emotions reawaken. What was vague becomes tangible.
What was present turns into memory.
Some places stir a long-lost tenderness
an echo of love, a breath of absence.
Others open a breach into the unknown,
toward a dreamt, shifting, still possible future.
Between these two forces, nostalgia and the pull of dreams,
Claude Lazar’s works trace a path.
A path without geographic coordinates,
where each image becomes a threshold, a passage, a resonance.
What is explored here are not places, but inner states.
Not a geography, but a sensitive cartography
one made of quiet departures, fragments of light,
and gazes cast upon the invisible.
In this approach, painting is not about depicting a location,
but about rendering what emanates from it
what passes through, unsettles, and remains.

Peinture huile sur toile, 2025, dim. : 33*24 cm

Peinture huile sur toile, 2025, dim. : 33*24 cm