Annie Kurkdjian

Annie Kurkdjian, Solitude, Mode d'emploi
Annie Kurkdjian, Solitude, Mode d'emploi

Techniques mixtes sur papier, 2022, dim. : 70*100 cm

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Annie Kurkdjian, Solitude, Mode d'emploi
Annie Kurkdjian, Solitude, Mode d'emploi

Techniques mixtes sur papier, 2022, dim. : 50*69.5 cm

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Annie Kurkdjian, Solitude, Mode d'emploi
Annie Kurkdjian, Solitude, Mode d'emploi

Techniques mixtes sur papier, 2020, dim. : 72*51 cm

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Annie Kurkdjian, Solitude, Mode d'emploi
Annie Kurkdjian, Solitude, Mode d'emploi

Techniques mixtes sur papier, 2022, dim. : 70*100 cm

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L’art de Kurkdjian met le dessin et donc les ombres au premier plan. Ses œuvres nous invitent à nous promener dans des psychés denses, apaisantes, où  le dessin, qui n’est pas sans parenté avec l’œuvre de Topor, véhicule solitude et isolement des personnages. Il offre pourtant une harmonie issue d’une forme d’adaptation aux éléments de la vie d’ordre émotionnel, physique ou circonstanciel. Les personnages sont audacieux alors même qu'ils doivent se plier à ces espaces contraints. La précarité des situations envisagées nous déstabilise et il est difficile de savoir où se trouvent les personnages de Kurkdjian dans le périple qu’elle leur a assigné et ce qui leur reste à accomplir. C’est sans doute cette dimension de l’inaccompli, du secret qu’illustrent les chats de Kurkdjian. Tout semble fluide, incertain, alors que ses mains emblématiques matérialisent  ce désir de s'accrocher au tangible pour revenir à une réalité plus solide.

Ces œuvres ont été créées dans le contexte d'une crise locale qui frappe de plein fouet, "un pays agonisant, où tout coule, chaque jour, un peu plus, dans le désordre et la souffrance".

À l’inverse, dans ses portraits plus légers, cette même fluidité est convoquée  pour traduire espoir, soif de vivre pleinement, amour. La douceur d’un oreiller est un changement bienvenu en regard de la dureté d’autres éléments et une étreinte amoureuse devient peut-être le signal d’une aspiration à un foyer protecteur. "On s'intègre dans la vie en fin de compte, quelque soit le contexte, et même si les espaces, les lieux sont inconfortables, même au Liban." "Rester humain, sauver son âme" devient un défi car Kurkdjian présente cette exposition en hommage au peuple libanais qui continue de survivre avec courage, beauté et une résilience d'un autre monde.

Née en 1972 à Beyrouth, Anny Kurkdjian y a vécu les seize années de guerre civile. C’est une enfance marquée par le bruit des bombes, la terreur, l’insécurité permanente, l’irrégularité des choses ordinaires. Arménienne, elle porte déjà en elle, à travers l’histoire de sa grand-mère, le traumatisme du génocide. À 12 ans, alors que la famille se prépare à fuir le Liban vers la France, elle perd son père dans un violent assassinat pour vol et découvre le lendemain, dans les journaux, la photographie de son corps gisant, criblé de balles. Jeune adulte, elle souffre de PTSD (stress post traumatique) et prend conscience qu’il lui faut trouver un exutoire à la souffrance inscrite dans son corps. Après des études de gestion, d’art, de psychologie et enfin de théologie, Anny Kurkdjian poursuit sa formation par un diplôme de l’académie des Beaux-Arts de l’Université libanaise.

En 2005, elle commence alors sa« nouvelle vie » avec des expositions régulières en France, au Liban, à Bahreïn, en Jordanie et dans plusieurs autres pays.

Elle est lauréate du Prix de la Ville de Fontenay-sous-Bois (2014), du Prix Jouhayna Badour (2012), du Premier Prix de Peinture Figurative de l'Atelier-Z (2011) et de la Mention Spéciale du Jury au Salon Sursock. , Beyrouth (2010).

Son travail a été exposé à Bahreïn, en Jordanie, au Koweït, au Liban, aux Émirats arabes unis, en Autriche, France, Italie, Espagne, Royaume-Uni et États-Unis. Les collections du Musée de Tesse, Du Mans, (France), de l'Université de Balamand (Liban) et de la Mairie de Fontenay-sous-Bois en France, ainsi que de nombreux collections privées ont acquis certaines de ses œuvres. Elle décrit son art comme une forme d'auto-thérapie et décrit son travail comme des peintures "existentielles" dans lesquelles elle explore les gens et leurs relations les uns avec les autres.